AVP2: Requiem for a crime  posté le vendredi 04 janvier 2008 11:27

A film bête et méchant, critique bête et méchante.

FUYEZZZZZZZZZZZZ !!!!

Après un premier volet de sinistre mémoire, la franchise "Alien Versus Predator" remet le couvert pour notre plus grand malheur. Alors oui, j'avoue, je m'attendais à voir un film fun, décomplexé, bourrin et violent, il faut dire aussi qu'une bande annonce plutôt alléchante et généreuse m'avait mis sur cette voie.

alien que pourra

Sauf qu'une fois le film vu ou plutôt subi, on se rend compte que finalement ce trailer se contentait de nous montrer tous les moments "forts" du film (mais alors tous) tout en occultant soigneusement ce qui concernait l'un des gros points négatifs du film: les personnages humains.

A ce niveau de caractérisation, ce n'est plus de la paresse ou l'incompétence scènaristique, c'est juste du foutage de gueule. Chaque perso est une galerie de clichés à lui tout seul, ce qui fait que la scène d'exposition est une épreuve pour le spectateur.... Comme le reste du film, aucune identification n'étant possible, on attend patiemmement que ce calvaire se termine.

combat de catch me if you can

Parce que l'autre gros point faible du film, c'est la réalisation. Les frères Strause ne savent pas quoi faire de leur scope, les cadrages sont complétement aux fraises, et en ce qui concerne l'action, c'est simple, les frangins semblent avoir fait de l'illisibilité un parti pris à part entière. Et les pauvres images ne sont pas du tout aidées par le montage qui lui aussi donne dans l'expérimental.

les frères Lumières

Le plus gros de l'attention des frérots semblent s'être porté sur le côté méchant du film, alors oui, tous les trucs un peu tabous au cinéma y passent, enfants et femmes enceintes trépassent... mais ça ressemble juste à des blagues de sales gosses, "ouais nous on a osé aller loin"... sauf que ça n'apporte rien et que ça rend le film encore plus bête.... si la caractérisation des personnages avaient été à la hauteur, là, le "show no-mercy" du film aurait été marquant et traumatisant, et pas juste fatiguant.

Pour finir, passons rapidement sur la note d'intention des frangins: s'inspirer d'Aliens. Plutôt que de capter l'essence suffocante puis guerriére du film de Cameron, les Strause ont choisi la facilité en empruntant la voie du clin d'oeil: un petit son de radar pour le générique du film, une réincarnation du duo Ripley/Newt, une troupe de militaires qui se fait décimer en deux/deux avec retransmission vidéo, une balade en blindé, et une escape aérienne fuyant le feu nucléaire...  super.

En fait le seul mérite de ce navet, c'est de donner envie de revoir Aliens et Predator, et constater une fois encore à quel point les réals respectifs de ces deux films avaient tout compris. 

O.

 

 

 

 

lien permanent

Je suis une légende - il suffira d'un signe(s)  posté le vendredi 14 décembre 2007 07:51

je marche seul

2012 :Un virus a terrassé l’humanité, un seul survivant subsiste: Robert Neville.

Mais à la tombée de la nuit, on découvre qu’il n’est pas tout à fait seul…

dog is a dj

...Oui bon d'accord, il est avec son chien, mais il y aussi tout un paquet de monstres peu enclin à la sympathie…

Au premier niveau de lecture, « Je suis une légende » est un divertissement très efficace (à condition d'oublier l'excellent roman de Richard Matheson dont il n'est finalement pas l'adaptation, à ce sujet lire le non moins excellent article de Rafik Djoumi). La réalisation simple mais enlevée présente de très bonnes scènes de tension et surtout une reconstitution glaçante d’un Manhattan désert et rongé par la verdure.

oh mon dieu !

Parfois les choix de mise en scène sont un peu malheureux. Dans une séquence en particulier au tout début du film, après avoir mis en place le côté solitaire de Neville à l'aide de plans "clean", le réalisateur opte le temps d'un plan pour une caméra portée, ce qui a pour effet, je trouve, de casser la solitude du héros (on a soudain l'impression qu'il est suivi par toute une équipe de reportage)

Mais le plus gros problème dans ce film, réside dans son scénario. Déjà, le choix des flash- backs offre certes des respirations dans l'histoire, mais cela casse aussi l'atmosphére d'isolation du héros. Et surtout, la grosse ombre au tableau, c'est le dernier acte du scénario assez peu inspiré, et qui plonge de surcroît le film dans un deuxième niveau de lecture plus discutable (Attention Spoilers):

L’histoire prend soudainement une connotation religieuse  ouvertement assumée (au travers de l'arrivée d'un nouveau personnage appelé Anna, ce qui en passant ruine l'accroche du film de part en part, on nous vend "speed" et on se retrouve avec "une histoire vraie") qui peut laisser le spectateur perplexe : un peu comme c'était le cas dans Signes de Shyamalan, la résolution de l'intrigue semble s'opérer tout simplement grâce à un caractére divin.

contact

En regardant de plus près, cette intervention et sa place dans le film, on pourrait presque croire que le scénario condamne la science tout en présentant Dieu comme un sauveur potentiel. Le prologue du film désignant clairement la science comme la source du mal et la conclusion laissant entendre qu'heureusement Dieu avait prévu un plan B. Ce qui est complétement irresponsable.

Ayant eu l'occasion de m'entretenir avec les responsables justement de "je suis une légende:the movie", je leur ai posé la question de la place de dieu dans leur film et de celle de la science.

sur le plateau de constantine

Francis Lawrence - Réalisateur:

"Pour nous, c'est avant tout un film sur l'espoir, sur ce vers quoi vous devez tendre dans ce genre de situation, pour vivre jour après jour. Parce que si vous n'avez pas quelque chose pour laquelle ça vaut la peine de se battre, vous n'avez plus qu'à vous tuer. Donc pour Robert Neville, cet espoir réside dans la science, et pour Anna, cet espoir réside dans la foi. Et l'idée n'était pas de présenter un dieu catholique/chrétien, mais de parler de quelque chose qui est là, qui nous dépasse, une énergie au delà du monde. Ce sont ces deux idées d'espoir qui se télèscopent et fusionnent dans le film" 

are we alone ?

Will Smith - acteur:

"Le film tourne autour d'une sorte de relation très intéressante entre la science et dieu. Il montre que la science et dieu, c'est essentiellement la même chose, c'est juste deux façons différentes d'expliquer l'inexplicable. Au bout de la science et au bout de la religion, il y a l'inconnu. Et pour tout ce qu'il y a au-delà, les gens donne différents noms. Certains appellent ça Dieu, d'autres Allah, d'autre "l'indécouvert" (the indiscovered). Pour moi, tout ceci est la même chose et j'aime que la perspective scientifique de Neville soit la même que celle d'Anna."

Pour eux, il ne s'agissait donc pas d'opposer science et religion mais de les faire fusionner... Soit... le problème, c'est que dans le film, Neville semble trouver le remède de manière "accidentelle" et que tout ce qui concerne la foi d'Anna est expressément mis en avant (dont ce long plan de croix qui pendouille au rétroviseur, chez certains réalisateurs iconoclastes ça aurait pu être un plan signifiant et ironique, mais ici on est dans le premier degré)... A mes yeux, la religion prend donc le pas sur la science malgré la note d'intention des "auteurs".

A ce niveau, on peut parler de film raté.

O.

 

lien permanent

Eden Log: Who's to Blame ?  posté le mercredi 05 décembre 2007 22:32

the fountain ? 

Enfer et damnation ! Après le tristement raté "Chrysalis", voici qu'une nouvelle tentative de SF française me déçoit dans les grande largeurs... T T

Pourtant à la base, un film puisant une partie de son inspiration (incon- ou -sciemment ?) dans le puissantissime manga "Blame", avait de fortes chances de me séduire dans les grandes longueurs...

labyrinthe

Nihei 4ever

Hélas, pour ma part, "Eden log" est juste parvenu à instiller ennui et agacement... et beaucoup de frustrations aussi.

La faute à quoi ?

1. Le Scénario

Dans un futur proche, un homme (Clovis Cornillac) se réveille au niveau -5 d'une installation labyrinthique appellé Eden Log. Frappé d'amnésie,  il entreprend de rejoindre la surface de la terre pour comprendre ce qu'il lui est arrivé. A chaque nouveau niveau qu'il franchit, il retrouve un peu plus de sa mémoire disparue et s'approche davantage de l'horrible vérité que dissimule Eden Log...

eden blog 

Ce scénario rappelant la progression du Killy de Blame dans un environnement de plus en plus inhospitalier tourne autour d'une idée trop brillament exploitée dans un autre film assez récent pour vraiment faire vibrer le spectateur (sauf si ce dernier n'a pas vu le film en question, ce qui a peu de chance d'être le cas vu le succès qu'il a rencontré)... Tant et si bien que la révélation finale (confusément narrée en plus) tombe complétement à plat.

2. Le Production Design

Toute l'histoire se passe dans des conduits/tunnels/grottes/préfabriqués peu éclairés, ou pendouillent souvent des cables, et ou proliférent les racines d'un arbre géant. Pourquoi pas ? ça aurait pu donner une pure ambiance, bien claustrophobique, à condition que les différents tableaux/niveaux ne sombrent pas dans la monotonie... j'ai trouvé que c'était malheureusement le cas...

level X

C'est d'autant plus dommage qu'il semble que l'Eden Log Team se soient inspiré de "The Descent" pour certains concepts visuelles...  ça aurait été judicieux de s'inspirer également d'un des éléments qui, je trouve, casse la monotonie du décor de "The descent",  à savoir l'utilisation de Flares de différentes couleurs... Dans Eden log, tout semble déséspérement monochromatique, et hormis les nombres des niveaux que croisent le héros, il n'y a pas grand chose qui indique qu'il y ait vraiment une progression.

3. La Mise en scéne

Le choix de la caméra portée très proche du personnage, très chaotique, j'ai rien contre (derniérement dans "28 semaines plus tard", j'ai adoré l'emploi ce parti pris)...sauf qu'ici, ça m'a saoûlé assez vite... (et je ne parle pas des combats qui sont des monuments d'abstraction et qui ont pour effet de fatiguer le spectateur plus que de l'emmener dans le trip viscéral voulu par les auteurs)...

shaky cam 

c'est dommage, par moment, il y a de très belles idées, comme notamment toute cette longue introduction hypnotique, dans laquelle le réveil du héros est montrée par l'intermédiaire de flash lumineux intermittents...  

Conclusion

Bref, on n'est pas dans un ratage aux proportions bibliques comme dans "Chrysalis" (j'exagére, mais je suis vraiment sorti de ce film dégoûté par ce gachis made in gaumont), Eden Log a au moins le mérite d'aller aux bouts de certains de ses parti-pris (contrairement au Leclerc qui partait dans tous les sens, tant au niveau du fond que de la forme), mais au final, quand on sort du film, on a juste mal au crâne tout en se disant "tout ça pour ça..."... et on se dit aussi qu'à cause de ce genre de métrage mal-produit,  les prochains projets de SF frenchy dignes de ce nom resteront moisir dans les tiroirs...

lien permanent

Inland Empire - David Lynch  posté le mardi 04 décembre 2007 23:18

l'empire du milieu 

ATTENTION ! cette scène ne figure pas dans le film « INLAND EMPIRE »

INT/JOUR – UNE BUANDERIE EN MANQUE D’AFFECTION (désaffectée, donc)

Il fait nuit. La rue semble déserte. Quelques lampadaires rouillés dispersent quelques tâches de lumière rouillées.

La femme en tailleur blanc est assise en tailleur sur un banc. Elle porte deux tresses et tient au bout d’une laisse un petit castor. Bien qu’endormi, l’animal se peigne négligemment les ongles de son unique main.

Soudain, un homme fait lentement irruption. Il regarde sa montre orange. Il a l’air pressé.

L’homme pressé : 9h27... il est curieux ce castor, non ?
La femme tressée : il est à moi. Ne vous en faites pas, il est dressé.
Le castor dressé : honk !
L’homme pressé : 7h29... il est curieux ce castor, non ?
La femme tressée : ne vous en faites pas, il ne vous fera rien : il est castré.
L’homme pressé : c’est un castor castré ?
La femme tressée : oui, il est ainsi très fidèle.

L’homme regarde sa montre citron.

L’homme pressé : 9h57
La femme tressée : oui, il est tard. Quel temps fait-il à Pomona ?
L’homme pressé : Je ne suis jamais allé à Vancouver...je ne connais pas âme qui vive là bas.
La femme tressée : c’est regrettable, les âmes sont au bout d’une canne à pêche.
L’homme pressé : 9h52... je vous laisse. Je suis attendu à brides abattues.

L’homme disparaît comme il est apparu. Le castor se lève et reprend sa promenade, traînant derrière lui la femme tressée au bout d’une laisse, le tout sur une musique de Badalamenti.


ATTENTION ! cette scène ne figure pas dans le film « INLAND EMPIRE »... mais bon, elle aurait pu...

Pendant 3 heures, Lynch nous balade dans un délire assez hermétique et pas très beau (il faut dire qu’il pas aidé par le format DV utilisé). Parfois, j’ai eu l’impression de saisir un truc, puis l’instant d’après, je plongeais dans la perplexité la plus totale. Fatiguant plus que fascinant.

Bien que grand fan de Lynch, j’ai été très déçu par cette nouvelle énigme hallucinématographique qui m’a complètement perdu sur l’autoroute...

Et dieu sait que j'aurais aimé aimer ce film. 

je suis un peu dans le brouillard, là...

 

lien permanent

La nuit nous appartient - James Gray  posté le lundi 03 décembre 2007 11:27

affiche 

Hier je suis allé voir "La nuit nous appartient" et je dois bien avouer que j'y suis allé un peu à reculons: les précédents films de James Gray (The yards & Little Odessa) m'ayant passablement ennuyé... Même s'ils sont très bien réalisés et interprétés, j'ai toujours trouvé qu'ils n'étaient pas impliquants, car trop froids et trop distanciés. 

J'avais peur qu'il en soit de même avec "la nuit nous appartient", j'avais tort... ça faisait même un petit moment que je n'avais pas été autant impliqué dans un film.

 distance et froideur

L'histoire est simple, "presque" classique, mais elle fonctionne redoutablement.

Bobby (excellent Joaquin Phoenix, dont le regard habité rappelle, je trouve celui de Mel Gibson) est un peu le mouton noir de sa famille: son père et son frère sont dans la police, tandis que lui tient une boite de nuit et mène une vie assez rock n' roll. Tout va basculer pour lui le jour ou la police va s'intéresser de près à un dangereux trafiquant de drogue, familier du club que tient Bobby. Pour ne pas se retrouver entre deux feux, Bobby va devoir choisir son camp: aider les flics à coincer le truand ou protéger son établissement, autrement dit il devra choisir entre préserver son choix de vie (en complète opposition avec sa famille) et sa famille. 

le choix

Avec une économie de scènes, le scénario pose très rapidement les bases de l'intrigue et le dilemme cornélien (du sang ) auquel va avoir à faire Bobby. Et là ou le film surprend et attrape le spectateur, c'est que ce dilemme est très vite résolu (alors que dans une narration classique, il aurait culminé lors du climax de fin),  pour laisser place aux conséquences de ce choix au niveau relationnel et existentiel (tout le destin/fatum de Bobby est en jeu)

conséquences

Si ce film réussit aussi bien à impliquer le spectateur, c'est donc en grande partie grâce au cheminement inattendu de son histoire, mais pas seulement: la réalisation de James Gray y est également pour beaucoup. Le réalisateur garde toujours le style sec de ses précédents films, mais à plusieurs reprises, aux moments forts de son récit, il opte pour un réalisation viscérale.

A ce titre, deux séquences courtes mais très marquantes m'ont cloué sur place, deux séquences qui par leur parti pris de mise en scène, leur montage et surtout leur traitement sonore délivre une atmosphère anxiogène des plus efficaces:

- la visite du repaire des trafiquants ou les palpitations du coeur de Bobby infiltré se font de plus en plus envahissantes à mesure que son stress augmente

- une course poursuite en voiture, sous une pluie battante, ou ce sont cette fois ci les essuie-glaces qui scandent de plus en plus bruyamment le rythme (& la tension) de la scène.

pluie battante 

Le scénario, la réalisation et l'interprétation sans faille font de ce film un petit bijou particulièrement remuant à voir absolument. Ah oui, et la musique de Wojciech Kilar est très bien (même si elle a parfois tendance à souligner un peu trop les séquences d'émotions) 

O.

lien permanent