Je suis une légende - il suffira d'un signe(s) (K-ritiK) posté le vendredi 14 décembre 2007 07:51

je marche seul

2012 :Un virus a terrassé l’humanité, un seul survivant subsiste: Robert Neville.

Mais à la tombée de la nuit, on découvre qu’il n’est pas tout à fait seul…

dog is a dj

...Oui bon d'accord, il est avec son chien, mais il y aussi tout un paquet de monstres peu enclin à la sympathie…

Au premier niveau de lecture, « Je suis une légende » est un divertissement très efficace (à condition d'oublier l'excellent roman de Richard Matheson dont il n'est finalement pas l'adaptation, à ce sujet lire le non moins excellent article de Rafik Djoumi). La réalisation simple mais enlevée présente de très bonnes scènes de tension et surtout une reconstitution glaçante d’un Manhattan désert et rongé par la verdure.

oh mon dieu !

Parfois les choix de mise en scène sont un peu malheureux. Dans une séquence en particulier au tout début du film, après avoir mis en place le côté solitaire de Neville à l'aide de plans "clean", le réalisateur opte le temps d'un plan pour une caméra portée, ce qui a pour effet, je trouve, de casser la solitude du héros (on a soudain l'impression qu'il est suivi par toute une équipe de reportage)

Mais le plus gros problème dans ce film, réside dans son scénario. Déjà, le choix des flash- backs offre certes des respirations dans l'histoire, mais cela casse aussi l'atmosphére d'isolation du héros. Et surtout, la grosse ombre au tableau, c'est le dernier acte du scénario assez peu inspiré, et qui plonge de surcroît le film dans un deuxième niveau de lecture plus discutable (Attention Spoilers):

L’histoire prend soudainement une connotation religieuse  ouvertement assumée (au travers de l'arrivée d'un nouveau personnage appelé Anna, ce qui en passant ruine l'accroche du film de part en part, on nous vend "speed" et on se retrouve avec "une histoire vraie") qui peut laisser le spectateur perplexe : un peu comme c'était le cas dans Signes de Shyamalan, la résolution de l'intrigue semble s'opérer tout simplement grâce à un caractére divin.

contact

En regardant de plus près, cette intervention et sa place dans le film, on pourrait presque croire que le scénario condamne la science tout en présentant Dieu comme un sauveur potentiel. Le prologue du film désignant clairement la science comme la source du mal et la conclusion laissant entendre qu'heureusement Dieu avait prévu un plan B. Ce qui est complétement irresponsable.

Ayant eu l'occasion de m'entretenir avec les responsables justement de "je suis une légende:the movie", je leur ai posé la question de la place de dieu dans leur film et de celle de la science.

sur le plateau de constantine

Francis Lawrence - Réalisateur:

"Pour nous, c'est avant tout un film sur l'espoir, sur ce vers quoi vous devez tendre dans ce genre de situation, pour vivre jour après jour. Parce que si vous n'avez pas quelque chose pour laquelle ça vaut la peine de se battre, vous n'avez plus qu'à vous tuer. Donc pour Robert Neville, cet espoir réside dans la science, et pour Anna, cet espoir réside dans la foi. Et l'idée n'était pas de présenter un dieu catholique/chrétien, mais de parler de quelque chose qui est là, qui nous dépasse, une énergie au delà du monde. Ce sont ces deux idées d'espoir qui se télèscopent et fusionnent dans le film" 

are we alone ?

Will Smith - acteur:

"Le film tourne autour d'une sorte de relation très intéressante entre la science et dieu. Il montre que la science et dieu, c'est essentiellement la même chose, c'est juste deux façons différentes d'expliquer l'inexplicable. Au bout de la science et au bout de la religion, il y a l'inconnu. Et pour tout ce qu'il y a au-delà, les gens donne différents noms. Certains appellent ça Dieu, d'autres Allah, d'autre "l'indécouvert" (the indiscovered). Pour moi, tout ceci est la même chose et j'aime que la perspective scientifique de Neville soit la même que celle d'Anna."

Pour eux, il ne s'agissait donc pas d'opposer science et religion mais de les faire fusionner... Soit... le problème, c'est que dans le film, Neville semble trouver le remède de manière "accidentelle" et que tout ce qui concerne la foi d'Anna est expressément mis en avant (dont ce long plan de croix qui pendouille au rétroviseur, chez certains réalisateurs iconoclastes ça aurait pu être un plan signifiant et ironique, mais ici on est dans le premier degré)... A mes yeux, la religion prend donc le pas sur la science malgré la note d'intention des "auteurs".

A ce niveau, on peut parler de film raté.

O.

 

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Tous les commentaires liés à l'article : Je suis une légende - il suffira d'un signe(s)

  • Olivier a posté :mercredi 19 mars 2008 05:58

    Je suis tout à fait d'accord ! J'ai été traumatisé de voir la fin avec le tintement de cloches, l'armée américaine et l'église (sans oublier le drapeau américain) qui sauve finalement l'humanité ! On a vraiment passé proche d'apprendre quelque chose sur notre impermanence au sein de la nature ... heureusement ce film nous incite à se rendormir. C'est très malheureux, j'aimais bien le film ... jusqu'à ça !

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